In memoriam

Abbé Georges Salleron, membre "ad annum" de notre Fraternité. 31 juillet 1942 - 7 janvier 2018

Le 7 janvier dernier, l'abbé Georges Salleron qui était membre temporaire de notre Fraternité a rendu son âme à Dieu. Il avait reçu les derniers sacrements des mains de l'abbé Paul-Joseph quelques jours auparavant. Il était dans sa 76ème année et la 46ème de son sacerdoce. Ses obsèques ont eu lieu le 11 janvier à l’église Saint-Georges de Bouloire. Nous recommandons son âme à vos prières.

Abbé Denis Coiffet, membre fondateur de la Fraternité, 22 janvier 1952 - 3 juillet 2015

« Après son ordination sacerdotale pour la Fraternité Saint-Pie X par Mgr Lefebvre en 1977, l’abbé Denis Coiffet est envoyé dans les Yvelines à Saint Martin de Bréthencourt, où une association de fidèles avait pris en main l’église paroissiale pour assurer la célébration de la messe traditionnelle.

A l’annonce des Sacres sans mandat pontifical de 4 évêques par Mgr Lefebvre en juin 1988, il fait partie des 12 fondateurs Monsieur l'Abbé Coiffet avec Sa Sainteté le Pape Benoît XVIde la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, dont il devient Supérieur pour la France tout en poursuivant son ministère dans le diocèse de Versailles à Saint-Martin de Bréthencourt, puis à Notre-Dame des Armées à Versailles. Comme Supérieur de District c’est sous son impulsion que se développe la FSSP à Besançon, Lyon, Perpignan, Narbonne ou encore Versailles. Son ministère auprès de la jeunesse est important. Grâce au zèle de Jean-Marie Sorlot, il assure ainsi l’aumônerie des fleurissants groupes scouts du Chesnay, ces derniers apportent une belle moisson de vocations. Dans le même temps, il poursuit son ministère d’aumônerie du Chapitre Enfants du Pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Après un nouveau passage au District de France (installé à Brannay), il est nommé à Nantes, jeune communauté paroissiale en plein essor. L’abbé y apportera tous ses talents pour les Scouts, pour les familles… mais aussi en se mettant régulièrement derrière le clavier de l’orgue, une de ses passions. C’est toujours pour être au service de la jeunesse qu’il répond positivement à l’appel de Yann de Cacqueray alors directeur de l’Institution de l’Espérance en Vendée, dont il deviendra d’ailleurs aumônier à plein temps dans les années 2000. En 2008, il est nommé chapelain de la communauté traditionnelle du Christ Rédempteur de Talence… celle-ci « fusionnera » avec celle de Saint-Bruno dans le centre de Bordeaux. Notre-Dame de Chrétienté le rappelle en 2012 pour reprendre la charge d’aumônier général.

Depuis 1 an et demi, l’abbé Coiffet souffrait d’une leucémie. Pendant quelques mois, il a poursuivi malgré tout un ministère très actif à Bordeaux et pour le Pèlerinage. En septembre 2014, ses supérieurs l’ont nommé à Morlaix d’où il devait assurer l’aumônerie de Notre-Dame de Chrétienté tout en se soignant. Mais début octobre, il a été hospitalisé pour des complications de santé dont il est décédé le vendredi 3 juillet, premier vendredi du mois.

Dans une retraite qu’il prêchait il y a quelques années maintenant, à Wigratzbad, il livrait dans une confidence, ce mot du pape Jean-Paul II à la poignée de prêtres qui avaient rejoint Rome un soir de juillet 1988 : le pape, voyant ces prêtres qui avaient tout perdu, avait dit alors : « voilà les prêtres qui sont restés fidèles ». Quel prix n’a-t-elle pas eu, cette admirable fidélité. Onéreuse à bien des égards, elle a porté des fruits au centuple, et les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre qui entoureront une fois encore notre cher abbé, sans omettre les nombreuses vocations qu’il a su guider vers le Seigneur et les très nombreuses familles, les très nombreuses âmes qui ont bénéficié un jour ou un autre de son sacerdoce, sont l’éternelle couronne de sa fidélité à Rome, à la foi catholique de l’Eglise, & à la messe de toujours » (Livret distribué aux fidèles aux funérailles).

Abbé Denis Coiffet

« Je ne peux douter que la première apparition de notre Seigneur ne fut pour celle qui était au pied de la croix… Et c’est là, reprenant ce que nous avons vécu le Jeudi saint, que je demande à notre Dame instamment, en suppliant, qu’Elle nous garde le sacerdoce, qu’Elle nous garde la Messe.

 

Dans cette certitude de la victoire en cette fin de semaine sainte, qu’Elle protège ses prêtres, leur gardant avec confiance ce lien maternel établi par le Christ lui même sur la Croix.

Je la supplie pour ceux qui s’y préparent, je la supplie pour qu’ils soient de plus en plus nombreux à se lever, nouvelle cohorte de ceux qui sauront prêcher ce Christ ressuscité; qui sauront d’abord le pratiquer dans leurs messes quotidiennes; qui sauront se rappeler que, pour parvenir à la résurrection, il faut savoir se sacrifier chaque matin par cette Messe adorable cette Messe admirable.

Par ce sacrifice renouvelé, par ce sacrifice rendu plus fort à chaque instant et quotidiennement, alors je dirais qu’humainement nous serons certains de la victoire, et j’ajoute que nous n’avons pas besoin de cette certitude humaine puisque notre foi, notre espérance et notre charité, sont d’abord les œuvres divines du Divin réssuscité. »
(Sermon de l’abbé Coiffet le jour de Pâques 2002, donné à Nantes)

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14 juin 2014 : Lettre du Supérieur Général suite au décès de l’abbé Kenneth Walker, FSSP

Chers amis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre,

En cette période de deuil de notre confrère l’abbé Kenneth Walker, les innombrables prières et condoléances exprimées par tant d’évêques, de communautés religieuses, amis prêtres et fidèles sont une grande consolation pour nous. Vous êtes nombreux à nous avoir informés des centaines de messes qui ont déjà été célébrées pour le repos de son âme et pour le rétablissement de l’abbé Joseph Terra. Grâce à Dieu et suite à vos prières, la vie de l’abbé Terra n’est plus en danger et nous espérons qu’il pourra se rétablir complètement.

Vous avez pu lire dans la presse et sur les sites Internet des articles au sujet des vertus de l’abbé Walker en tant que prêtre et à quel point il va manquer à ses confrères et à ses paroissiens. A notre époque si avide de prêtres "stars" et tournée vers la "nouvelle évangélisation", la vie de notre confrère était un témoignage d’une des plus grandes vertus sacerdotales : une énergie tranquille et harmonieuse qui est la marque d’un bon pasteur veillant en tout temps sur son troupeau.

Ses paroissiens le décrivent comme le feraient ses confrères : il était consciencieux et persévérant ; il était toujours prêt à rendre service et rien ne semblait jamais lui déplaire. La description que faisait Notre-Seigneur de Nathanael lui convient parfaitement : en lui il n’y avait pas de fraude. Nous, ses confrères, nous nous souviendrons de lui en raison de ce qu’il ne disait pas ; impossible de se rappeler de lui en train de se plaindre ou de critiquer quiconque. J’ai été le professeur de l’abbé Walker au séminaire, puis son Supérieur : je le connaissais comme quelqu’un qui acceptait toute remarque et n’élevait pas d’objections prétentieuses. Il recherchait avec sincérité à s’améliorer dans tous les domaines comme séminariste d’abord puis comme prêtre.

En ces tragiques circonstances, je réalise combien il est facile de tomber dans la grandiloquence, mais l’abbé Walker faisait, quant à lui, preuve d’une grande innocence, ce qui est rare dans notre vallée de larmes.

Sa vie et son activité sacerdotale ont été tragiquement écourtées, deux années seulement de service à la vigne du Seigneur. Mais nous sommes reconnaissants pour ce temps qu’il a passé dans la Fraternité et pour la vocation qui fut la sienne. Au moment d’entrer au séminaire, sa motivation en vue du sacerdoce était magnifiquement formulée :

"Dieu, dans son amour infini, veut que tous les hommes soient sauvés et atteignent ainsi leur véritable fin. Ainsi, avec l’Église, je suis profondément attristé par les erreurs professées par beaucoup dans le monde à propos de la nature et de la dignité de l’homme et qui les détournent de leur fin surnaturelle. Au vu de cette situation dans le monde, la seule vocation qui peut me satisfaire, comme un travail, est celle de me consacrer à conduire les hommes au salut, à la manière que Dieu voudra pour moi."

Nous, ses confrères, savons bien que l’abbé Walker n’aurait pas voulu que nous perdions notre temps à exprimer de la colère après ce qui s’est passé et devant cette immense injustice. Pour grande que soit cette tragédie, elle ne pourra qu’apporter des grâces à notre Fraternité : O altitudo sapientiae et scientiae Dei: quam incomprehensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles viae ejus!   La première grâce incitera chacun de nous à ne rien considérer comme acquis lorsque Notre-Seigneur nous appelle au sacerdoce. Nous sommes des instruments pour Le servir, ce que nous devons faire toujours plus fidèlement conformément à Sa volonté et à celle de l’Église pour Sa plus grande gloire. Pour l’instant ne gaspillons pas notre temps, concentrons tous nos efforts dans la prière pour le repos de l’âme de l’abbé Walker.

Nous remercions les nombreuse paroisses qui ont organisé des Heures Saintes et célébreront des messes de Requiem lundi prochain. Nous restons confondus devant tant de ferveur de votre part. L’abbé Eric Flood, Supérieur du District d’Amérique du Nord, célébrera une messe de Requiem lundi à Phoenix en présence de Mgr Thomas Olmsted, évêque de Phoenix. Pour ma part je célébrerai aussi une messe solennelle de Requiem le même jour en la Basilique Notre-Dame de Fribourg. Les funérailles ne peuvent pas encore être organisées dans l’attente du transfert du corps dans le Kansas. La Fraternité fera connaître les détails concernant ces funérailles en temps utile.

Veni Sancte Spiritus,Consolator optime;
In fletu solatium, reple cordis intima tuorum fidelium!

Mater Misericordiae, Ora pro nobis

Requiem Aeternam dona ei, Domine. Et lux perpetua luceat ei.
Requiescat in pace.

Samedi des Quatre-Temps de Pentecôte, 14 juin 2014

Abbé John Berg
Supérieur Général FSSP

 

Biographie de l’abbé Kenneth Walker

L’abbé Kenneth Walker, FSSP, est né le 13 septembre 1985 à Ploughkeepsie (état de New-York). Il fut baptisé le 13 octobre de la même année en l’église Sainte-Marie à Wappingers Falls (état de New-York). C’est au cours de ses études secondaires que sa famille a découvert la messe latine traditionnelle et qu’elle a commencé à y assister. Il fut fortement influencé par la messe et par la dévotion de sa famille et c’est alors qu’il a commencé à envisager de répondre à l’appel au sacerdoce. Après ses études secondaires, il suivit, depuis l’automne 2003 jusqu’à avril 2005, à Our Lady Seat of Wisdom (Notre-Dame Siège de la Sagesse) à Barry’s Bay dans l’Ontario, une formation classique en arts libéraux. L’abbé Walker, avant d’entrer  au séminaire, considérait que, outre l’influence de ses parents, ce collège avait été essentiel dans l’approfondissement de sa foi.

Dès cette époque, il poursuivait l’idée de devenir prêtre et participa à une retraite de discernement organisée par la Fraternité Saint-Pierre. Sa motivation en vue du sacerdoce est très bien exprimée en ces termes qui sont ceux de sa demande d’entrée au séminaire :

« Dieu, dans son amour infini, veut que tous les hommes soient sauvés et atteignent ainsi leur véritable fin. Ainsi, avec l’Église, je suis profondément attristé par les erreurs professées par beaucoup dans le monde à propos de la nature et de la dignité de l’homme et qui les détournent de leur fin surnaturelle. Au vu de cette situation dans le monde, la seule vocation qui peut me satisfaire, comme un travail, est celle de me consacrer à conduire les hommes au salut, de la manière que Dieu voudra pour moi. C’est la prêtrise qui permet le mieux de réaliser cette tâche, prêtrise qui a été instituée par le Christ précisément pour le soin des âmes. Car c’est au moyen des  sacrements et par l’enseignement de la foi au peuple, que les hommes reçoivent à la fois les vérités de la foi et la grâce sanctifiante nécessaire à la vie spirituelle. »

L’abbé Walker a été admis à l’automne 2005 au Séminaire Notre-Dame de Guadalupe qui est la maison internationale de formation de la Fraternité Saint-Pierre pour les anglophones, située dans le Nebraska. Il a suivi le cours normal des études et de la formation. Pendant tout son temps de séminaire, il s’est montré fidèle aux idéaux qui étaient les siens en vue du sacerdoce. Il a toujours parfaitement réussi sur le plan scolaire, obtenant de très bonnes notes dans les différentes matières. Il a participé pleinement au programme de formation tant dans sa vie de prière et dans sa vie liturgique que dans les instants de récréation (avec un goût particulier pour le football, sport très populaire au séminaire).

Après sa première année dite de spiritualité, il y eut la première incorporation à la FSSP, la prise de soutane et la tonsure conférées par Mgr Alvaro Corrada (sj), le 6 octobre 2006. Après cinq années de prière, de travail et d’études, il fut ordonné sous-diacre le 29 janvier 2011 par Mgr Fabian Bruskewitz. Son incorporation définitive à la FSSP eut lieu le 18 mars 2011, tandis que le lendemain, le 19 mars, en la fête de saint Joseph, il était ordonné diacre par Mgr Czeslaw Kozon, évêque de Copenhague.

Étant diacre, il est venu passer quelques mois dans notre autre séminaire à Wigratzbad en Allemagne afin de compléter ses études et de s’imprégner ainsi du caractère international de la Fraternité. Il a également apporté son aide pendant plusieurs mois à la paroisse Mater Misericodiae de la FSSP à Phoenix, Arizona. Il faut noter qu’il a célébré son premier baptême le 13 octobre 2011, jour anniversaire de son propre baptême. De retour dans le Nebraska en mai 2012, il a suivi une retraite de préparation en vue de son ordination sacerdotale, point culminant de ses sept années d’études et de sa vie de prière.

Le 19 mai 2012, Kenneth fut ordonné prêtre de Jésus-Christ à Lincoln, Nebraska par Mgr Fabian Bruskewitz. Il a célébré sa première messe en la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul du Séminaire N.-D. de Guadalupe, son prêtre assistant étant l’abbé John Berg, Supérieur Général de la FSSP. Au cours de ce même été, il reçut sa première nomination qui le fit retourner à Mater Misericordiae à Phoenix pour assister l’abbé Joseph Terra, FSSP.

Sa vie de prêtre et son ministère à la paroisse Mater Misericordiae fut la poursuite et la confirmation de l’idéal qui l’avait conduit au sacerdoce. Il s’était consacré à sa mission de prêtre, célébrant quotidiennement la messe dans le rite latin traditionnel et confessant régulièrement. Ses paroissiens se souviendront de lui comme d’un prêtre et comme d’un ami. Voulant développer la dévotion à Notre-Dame, il avait pris l’habitude d’apporter personnellement une réplique d’une statue de la Vierge Pèlerine de Notre-Dame de Fatima dans les maisons des paroissiens. Il avait participé à la création du conseil des "Knights of Columbus" (les Chevaliers de Colomb) en vue d’aider et d’encourager les hommes de la paroisse dans leur vie de prière et dans la réalisation de travaux pour la communauté. Son activité charitable au profit des sans-abris de la région était bien connue des fidèles de la paroisse et des communautés environnantes.

Le 11 juin 2014, mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte l’abbé Kenneth Walker a été tragiquement tué à la maison Mater Misericordiae. L’abbé Joseph Terra, gravement blessé au cours de la même attaque, a pu donner à l’abbé Walker l’absolution et les derniers sacrements avant d’être, lui-même, transporté en urgence à l’hôpital.

Les membres de la Fraternité Saint-Pierre s’unissent dans la prière et le souvenir de la vie et du sacerdoce de l’abbé Walker à toute sa famille, aux membres de la paroisse Mater Misericordiae et à tous ceux dont la vie a été marquée par lui. L’immense élan de prières et d’intentions de messes nous apporte consolation et espoir qu’il demeure éternellement dans la vision béatifique du Dieu qu’il tint dans ses mains consacrées pendant son séjour sur terre.

Nous sollicitons vos prières pour le repos de l’âme de l’abbé Kenneth Walker et pour que Dieu dans son amour et sa pitié apporte le réconfort à sa famille et à ses paroissiens après cette terrible tragédie.

Oremus :
O Dieu qui avez élevé votre serviteur, Kenneth, à la dignité de prêtre en lui donnant part au sacerdoce des apôtres, donnez-lui également, nous vous en prions, de se trouver parmi eux dans la gloire éternelle. Par Jésus-Christ, votre Fils, Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
Requiem Aeternam dona ei, Domine.
Et lux perpetua luceat ei.
Requiescat in pace.


Abbé Pierre Gaudray

Ordonné prêtre le 29 juin 1948

L’abbé Pierre Gaudray, décédé en janvier 2013, est l’un de ces Conseillers Religieux de premier plan, qui ont marqué les Guides et Scouts d’Europe, et sans lesquels ce mouvement scout n’aurait pas ce rayonnement spirituel reconnu par de si nombreuses familles et communautés ecclésiales. En lisant les quelques lignes qui vont suivre, le Père aurait sans doute rougi, avec un léger haussement des épaules, puis, en plissant les yeux, il aurait souri en disant avec indulgence : « allons, on va de l’avant… »

Né le 5 juin 1922 au Havre, Pierre Gaudray entre au petit séminaire à l’âge de 12 ans. Pour lui, aucun doute : le Seigneur l’appelle au plus haut service, le sacerdoce, et, comme saint Jean-Marie Vianney, son modèle, il s’offre totalement : il veut devenir un prêtre selon le Cœur de Dieu. Entré au grand séminaire de Rouen, en pleine guerre mondiale (juin 1942), il doit partir pour le STO en Allemagne (5 juillet 1943). Il ne savait pas alors que ce pays allait beaucoup compter dans sa vie, puisque, contre toute attente, son abandon à la Volonté de Dieu le conduirait à passer le dernier quart de son existence dans un séminaire situé outre-Rhin.

De retour au Havre le 3 mai 1944, Pierre réintègre le grand séminaire. Tonsuré le 24 février 1945, il part au service militaire en juillet de la même année, puis, à partir de février 1946, il continue le cursus de formation qui le mène au sous-diaconat (le 1 juillet 1947), au diaconat (le 11 octobre 1947) et enfin, au sacerdoce, le 29 juin 1948, en l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen. Pierre était « prêtre pour l’éternité » ! Pour lui, la grande aventure du salut des âmes allait commencer ; il allait se donner à fond comme « pêcheur d’hommes » durant presque 65 ans. Nommé vicaire au Havre (paroisse Saint-Paul), puis, en septembre 1949, à Yvetot, l’abbé Gaudray y fit la connaissance du scoutisme. Entre 1964 et 1966, il fut successivement curé de Mesnières-en-Bray (1964-65), vicaire au Havre (paroisse Saint-Léon), puis aumônier au lycée Saint-Joseph du Havre, en 1966, où durant vingt-et-un ans, il se donna sans compter aux jeunes, en particulier comme aumônier scout.

Ce prêtre attirait… non pas vers lui-même, mais vers le Christ, vers le Bon Pasteur. Il alliait harmonieusement deux qualités : la solidité et la bonté. Combien d’entre nous ont gardé le souvenir de ce prêtre aux cheveux déjà blancs, coiffés « en brosse » ou le béret sur la tête, sac scout sur le dos, marchant d’un pas ferme, malgré la fatigue et les intempéries, solide comme un roc, son bâton de routier à la main, participant aux sorties, aux camps de Pâques et d’été, aux routes, aux pèlerinages de rentrée, aux rassemblements internationaux… Il marchait rarement seul, car les scouts, les guides, les chefs et cheftaines, et aussi les parents… allaient spontanément vers lui, en une longue procession, et le rejoignaient pour une confession, un conseil… Son attitude seule disait qu’il était là, présent, « toujours prêt » (cf. la Promesse scoute et guide), « à la disposition », en tenue de service… et tous le ressentaient, le savaient au plus profond de leur cœur. Saurons-nous jamais le nombre de scouts et de guides qu’il a guidés, encouragés, confessés… et conduits avec délicatesse vers le sacerdoce ou la vie religieuse, et aussi vers un mariage heureux ?

Durant la période post-conciliaire, la fécondité indéniable du sacerdoce du Père Gaudray fut mêlée de larmes, de la souffrance d’un Vendredi Saint. Tentons de l’exprimer avec la discrétion qui convient : c’était une douleur lancinante qui blessait son âme de prêtre solide et bon à la vue du spectacle affligeant d’une partie de l’Eglise qu’il voyait s’écrouler par pans entiers, victime d’une pastorale dite de l’enfouissement... Dans la tempête, il tint bon, et fit preuve de fidélité et de mansuétude. Fidélité à son sacerdoce – « un roc de fidélité » disent les témoins de ces jours difficiles -. Fidélité à la sainte Messe, ce bain de jouvence où il puisait chaque jour cette étonnante résistance spirituelle, cette limpidité et cette bonté qui touchaient tous ceux qui l’approchaient. Il suivit donc la Volonté du Seigneur qui le conduisit de nouveau… en Allemagne. Il remplaça un aumônier d’hôpital en Sarre (juillet 1987), puis il répondit à l’appel de son ami, le Père Hönisch, pour assurer l’accompagnement spirituel des novices de la congrégation qu’il venait de fonder à Mussenhausen, les Serviteurs de Jésus et de Marie (SJM) (septembre 1988). C’est là que l’abbé Baumann, alors recteur du séminaire de la Fraternité Saint-Pierre, à Wigratzbad, vint lui demander de venir une journée par semaine pour y assurer la direction spirituelle (septembre 1990). Avec l’augmentation du nombre de ses dirigés, la journée devint vite deux jours, puis trois… si bien qu’il finit par s’installer à demeure au séminaire.

Les prêtres et les séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre sont unanimes pour dire qu’il fut un don du Ciel, un père pour tous. « A sa bonté rayonnante, il joignait une chaleureuse simplicité et une disponibilité permanente », affirme un séminariste. Et de fait, le dernier trait de sa personnalité très riche que nous désirons évoquer, est sa charité fraternelle au-delà de toutes les frontières, car l’abbé Gaudray vivait intensément notre foi, qui est catholique, et donc universelle et fraternelle, avec un attachement indéfectible à la personne du Saint-Père ; « je m’appelle Pierre Gaudray, je suis… catholique romain », aimait-il dire en souriant. Ce sens de la fraternité se traduisait spécialement par le grand enthousiasme qu’il manifestait pour l’amitié franco-allemande. Il avait été profondément marqué par les dix mois de travail forcé au STO dans une usine allemande, et, au cœur même de cette épreuve, il en avait gardé un amour profond à l’égard du peuple allemand, et un intérêt passionné pour sa langue, qu’il parlait couramment. A Witgratzbad, ce prêtre normand avait tapissé les murs de son bureau des drapeaux des nombreux pays d’origine des séminaristes, au-dessus desquels on pouvait lire la première phrase du : « Notre Père ».

Après avoir fêté à Wigratzbad ses 60 ans de sacerdoce (29 juin 2008), il eut la joie de célébrer la Messe d’action de grâces de ses 90 ans (5 juin 2012) dans ce séminaire qui lui était devenu si cher. A cette occasion, il transmit un message aux séminaristes, que l’on peut considérer comme son testament spirituel : « Premièrement, développer le sens de l’effort ; deuxièmement, entretenir l’amitié fraternelle ; troisièmement, prier avec l’humilité d’un jeune enfant. Si tu fais cela, tu n’as rien à craindre, et Dieu te bénira ! ».

L’abbé Pierre GAUDRAY est décédé au séminaire de La Fraternité Saint-Pierre, à Wigratzbad, le 28 janvier 2013, et il repose au cimetière d’Opfenbach (Bavière). Requiescat in pace.

Abbé Thierry BLOT

prêtre du diocèse de Belley-Ars

au service de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements


Abbé Michel de Fommervault

1923-2010

Ordonné prêtre le 24 juin 1947

Le Baptistère n°1 – Mars 2003

Mon parcours… 1975 – 1995 … (1ère partie)

 

Arrivé à Paris, je suis conduit à la Messe dominicale de la Salle Wagram, par un Père lazariste, de la rue de Sèvres. Il prêtait son concours à Mgr Ducaud-Bourget et à ses auxiliaires : abbé Serralda, abbé Juan, abbé Emmanueli, chanoine Roux, abbé Bonnet, abbé Fellich, aidés par frère Gilles et Mlles Fréchou et Lochon, pour la sacristie.

Ces Messes du dimanche se déroulaient de 8h30 à 12h30, soit basses avec sermon, soit chantées avec chant grégorien et cantiques en français, soit lues avec accompagnement d’orgues.

Durant les Messes, plusieurs confesseurs étaient à la disposition des fidèles pour entendre les confessions. Après les Messes, il y avait parfois des baptêmes.

Cependant, les baptêmes avaient plutôt lieu à la Chapelle Sainte Germaine, avenue des Ternes, contiguë à la Salle Wagram (sous-sol). De même, le catéchisme était donné dans les salles correspondant à la dite chapelle, à l’étage pour une part, et dans la chapelle, en dehors des offices, pour une autre part.

Un emplacement fut aménagé en bureau de permanence, à la chapelle toute proche du confessionnal de semaine. Une messe se disait aussi le dimanche soir dans la même chapelle : elle était très fréquentée, spécialement par les groupes de scouts, routiers, guides ou louvettes, comme les louveteaux, et par ceux qui revenaient de la province, en fin d’après-midi. Elle était précédée par les Vêpres et le Salut du Très Saint Sacrement, avec récitation du chapelet.

En semaine : deux messes, l’une, le matin, à 7h45, l’autre, le soir, à 18h30. Cette dernière, était précédée de la récitation du chapelet.

Je fus à " Wagram – la Chapelle Sainte Germaine " de 1975 à 1978, avec l’intervalle de 1977 : l’occupation de Saint Nicolas – je fis fonction de diacre, à cette messe du 27 février, anniversaire (54ème) de mon baptême. L’abbé Juan était sous-diacre et, naturellement, Mgr Ducaud-Bourget, le célébrant. Monsieur l’abbé Coache y donna l’homélie.

L’exposition du Très Saint Sacrement, qui suivit la Messe, se poursuivit jour et nuit, nécessitant une Garde, assurée par des messieurs et des jeunes gens aussi résolus que forts dans leur Foi.

Cette prière ininterrompue justifiait et légitimait notre présence auprès du Toujours Présent. Le Pape Jean-Paul II, venant en France, au début de son Pontificat, ne répondra-t-il pas aux Evêques de France, réunis à Issy-les-Moulineaux, au sujet de cette " occupation " : " Laissez-les prier ! ".

Dès octobre 1977, l’activité reprit à la Chapelle Sainte Germaine et à la Salle Wagram, pour les besoins des fidèles de l’ouest parisien et des villes de la banlieue proche.

Je vins donc prêter mon concours à Monsieur l’abbé Serralda. En 1978, Monsieur l’abbé G. Duboscq nous rejoignit, puis m’y succéda.

En octobre 1978, je fus sollicité par Mgr Ducaud-Bourget pour assurer la Messe à Fontainebleau. J’y fus reçu par une Association qui avait auparavant recours à plusieurs prêtres et utilisait divers locaux pour la célébration de la Messe.

Dès mon arrivée, Monsieur le Curé J. Houdart, de Saint-Mammès – à la lisière sud de la forêt de Fontainebleau-, nous accueillit dans son église paroissiale, en fin de matinée. Il connaissait plusieurs membres de cette communauté. Il prêcha plusieurs fois à nos Messes et assura les retraites annuelles des Professions de Foi, ainsi que la cérémonie de l’après-midi de cette Fête traditionnelle. Ce soutien sacerdotal fut particulièrement précieux.

En octobre 1979, nous inaugurions, je veux dire, Mgr Ducaud-Bourget et moi-même, la chapelle Saint Jean-Marie Vianney, 12, bd Foch, à Fontainebleau. Cette construction nous était offerte par les paroissiens de Paris : Saint Nicolas et Wagram confondus, que nous remerciâmes chaleureusement. De même, la voiture (Renault 5), mise à ma disposition à Paris, me fut laissée pour m’aider dans mon ministère.

En effet, de Fontainebleau, je fus appelé bientôt à me rendre à Paris ; d’abord pour aider mes anciens confrères, surtout après le rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Juan.

 

Abbé Michel de Fommervault
Fraternité Saint-Pierre

 

 

Le Baptistère n°2 – Juin-Juillet 2003

 

Mon parcours… 1975 – 1995 … (2ère partie)

 

Puis, je me rendis régulièrement, soit une fois par mois au "Le Mesnil Saint-Loup", où le souvenir d’Henri Charlier reste vivant : j’y assurai la Messe dans l’Oratoire de la famille, des amis ayant acquis la Maison du Maître sculpteur-poète et musicien grégorianiste, bien connu.

De là, je revenais par La Ferté-Gaucher, où la Fraternité de Marie-Reine a été fondée par Melle Poutriquet, avec l’accord de Mgr Debray, évêque de Meaux (jusqu’en 1961). D’un modeste oratoire, on passa à une Chapelle, qui s’est depuis agrandie. La fondatrice est décédée cette année (2002).

De Fontainebleau, je me rendais plusieurs fois par semaine à Melun, ville proche (15 kms) pour le catéchisme et la Messe.

Puis, il m’arrivait d’être appelé à domicile ou dans les hôpitaux ou cliniques, près des malades, infirmes ou mourants. Cela, à Corbeil ou dans d’autres villes proches.

La liturgie, le chant grégorien furent favorisés dans leur intégralité respective, par le concours de fidèles dévoués ; de même, les catéchismes suscitèrent des dévouements, de mamans particulièrement intéressées par la formation de leurs propres enfants et se dévouant à la formation des autres enfants.

Un auxiliaire me fut donné, dans les dernières années : Monsieur l’abbé Champroux, venu d’abord comme diacre, assurant catéchisme et prédication, domaine où les fidèles surent apprécier ses capacités, et ensuite, comme prêtre, après son ordination à l’abbaye de Triors, où nous nous rendîmes pour l’assister et recevoir sa première bénédiction.

Ce fut lui qui me succéda, en 1995, lorsque la santé des prêtres de Loublande, mes frères aînés, l’exigeait. Monsieur l’abbé Denis Le Pivain, responsable pour le District de France de la Fraternité Saint Pierre, connaissant la situation, m’en donna l’autorisation.

Cela m’amène à expliquer dans quelles circonstances je sollicitai en 1988, mon agrégation à la Fraternité Saint Pierre.

Le "Motu Proprio Ecclesia Dei adflicta" du Pape Jean-Paul II, ouvrait les bras du Saint-Siège à tous les membres de l’Église ayant conservé la Tradition de la Messe Tridentine. Je fus informé par le beau-frère de Monsieur l’abbé Coiffet, que "des prêtres avaient obtenu leur celebret à Rome et étaient reconnus comme Fraternité, bientôt de droit pontifical !"

Monsieur l’abbé Josef Bisig, premier supérieur général de la FSSP, voulu bien m’admettre malgré mon âge… avancé… au milieu de ces jeunes prêtres ! Depuis lors, je suis incardiné dans cette Fraternité et participe le plus régulièrement possible aux réunions, retraites, etc… Et nous avons eu la joie de recevoir ici même, à Loublande, des prêtres et des séminaristes à plusieurs reprises. Monsieur l’abbé Devillers a tenu chez nous son assemblée générale annuelle ou du moins celle de son Conseil, avec ses principaux assistants. Cela coïncidait avec un camp tenu "sur nos terres" et animé par des prêtres et séminaristes de la Fraternité.

J’ai aussi été invité, il y a quelques années, à prêcher une retraite à un groupe de séminaristes de Wigratzbad, lieu dont je fis la connaissance, à cette occasion ; le grand-séminaire était alors en construction. Je vis aussi l’activité du centre de pèlerinage dont l’église sert au Séminaire pour bien des Offices.

Mes confrères les plus proches sont à Vannes, à Nantes ou à Montmirail. Un de nos bons vieux amis est aussi dans l’ouest : Monsieur l’abbé Georges Salleron : il vient nous voir une fois le temps.

Le "Sanctuaire diocésain de Loublande" établit ses "statuts" en vue d’une reconnaissance canonique. La Chapelle de la Maison du Sacré-Cœur a été repeinte à neuf pour ce 8 décembre 2002.

Claire Ferchaud a fondé son Œuvre en 1917 ; elle a rejoint Son Seigneur en 1972 et repose au Cimetière paroissial de Loublande. Sa maison natale est visitée par bien du monde et les Rinfilières sont lieu de promenade, de prière et de paix.

 

Abbé Michel de Fommervault
Fraternité Saint Pierre

 


Abbé Mario Hausheer

1961-1993

 

Ordonné prêtre le 4 juillet 1987 à la FSSPX

entré dans la FSSP le 19 décembre 1988

 

 

 

 

 

 


Charles Fiore

1934-2003

Ordonné prêtre le 3 juin 1961

 

 

 

 

 


Father Nicholas Zolnerowics

1923-2004

ordonné prêtre le 12 septembre 1962 chez les Pères du saint-Sacrement

sera directeur spirituel pendant plusieurs années de séminaristes de la FSSP au séminaire Notre-Dame de Guadaluppe

Au mois d'octobre 2015, son corps fut transferré au nouveau cimetière du séminaire de la FSSP (Denton, Nebraska)

 

 

 

 


Sylvain Santer

(séminariste)

1979-2000